La perspicacité, la patience, le temps et la persévérance 11/11/08  

Même avec un bonne méthode, progresser concrètement n’est jamais une chose acquise. S’entraîner fort et beaucoup n’est pas non plus une assurance de succès.

Il faut d’abord une bonne dose de perspicacité pour pouvoir s’approprier les éléments proposés dans la méthode. Nous ne sommes pas des robots et l’application d’une méthode, aussi bonne soit-elle, comme une sorte de mécanique universelle, ne sera jamais suffisante pour progresser vers un niveau supérieur. Il faut donc s’entraîner avec perspicacité.

la pratique du zhan zhuang (ritsu-zen) en forêt

Il faut également s’armer d’une douce patience. Rien ne peut forcer un changement qualitatif de l’être dans sa globalité. Notre corps possède son propre rythme d’acceptation de certains changements profonds. L’esprit également ne comprends certaines choses qu’à des moments bien particuliers de haute disponibilité.

Le temps joue donc ici un rôle déterminent. Cet élément élastique s’allonge aussi bien qu’il se rétréci lors de l’expérience de la pratique personnelle. Ce n’est pas la notion de passage du temps qui assure la progression, c’est la capacité de le chevaucher efficacement dans ses caprices d’extension et de compression via notre perception.

Il faut donc finalement une grande persévérance pour maintenir le changement constant qui est la marque dune progression efficace et profitable tant pour notre budô que dans chaque aspect de notre vie.

La solitude de la route 2/11/08  

Lors de notre parcours d’adepte des arts martiaux nous recherchons souvent une forme ou une autre de réconfort. Que ce soit l’approbation implicite du maître ou du professeur, la reconnaissance sociale d’un diplôme «officiel», l’éphémère fierté que procure la médaille d’une compétition,,, Nous avons souvent besoin de ne pas nous sentir seul dans notre quête de progression à travers la pratique du budô.

Mais notre route est une entreprise solitaire. Même si nous avons constamment besoin de l’autre pour en évaluer la progression, ultimement nous sommes seul pour la parcourir et nous en serons le seul juge quand elle tirera inévitablement à sa fin.

Cette solitude, et surtout son acceptation, est nécessaire pour une réel progression. Cependant, peu de personnes peuvent y faire face et l’endurer réellement. Nous dépendons trop souvent de l’approbation du maître ou encore d’une forme d’admiration de la part des élèves. Il est toujours curieux qu’une personne étant adepte des arts martiaux ressente le besoin de donné autant de pouvoir à une autre personne, voir souvent de se laisser dominer par autrui sous le prétexte d’une soi disant progression…

Chacun de nos entraînement est une affaire personnelle. Certaines personnes n’obtiennent jamais leur indépendance dans la pratique et sur la route à parcourir. Cela est bien dommage.

Nous sommes seul lors de chaque entraînement et seul à pouvoir en apprécier la qualité. La douleur et le plaisir que procure la pratique est une expérience bien personnelle. Quand devient-on assez mature pour voyager seul sur la voie? Dans une situation idéale, il reviendrait au professeur / maître de célébrer l’indépendance de son élève à voyager seul.

Mais, trop souvent les professeurs / maîtres cultivent la dépendance artificielle de leurs élèves à leur égard. À l’inverse, plusieurs élèves clament prématurément cette indépendance face à toute forme de formation pourtant essentielle à l’indépendance réelle.

Finalement, il s’agit ici d’une affaire de maturité. La maturité amène à la réalisation et à l’acceptation de la solitude dans le cheminement personnel. Cette même maturité est ce qui guide un professeur / maître à désirer voir naître l’indépendance de son élève.

Bien qu’en tant qu’adepte nous connaissons viscéralement cette réalité qu’est la solitude, il est bon de se la rappeler à soi-même de temps en temps…

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